Se surveiller est devenu plus facile depuis la mise au point de lecteurs de glycémie automatisés. On peut facilement mesurer son taux de sucre dans le sang en se piquant simplement le bout du doigt.
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Ce geste est rapide et fiable pour surveiller son diabète et surtout décider les doses d'insuline nécessaires. L'adaptation du traitement par insuline se fera ainsi de façon appropriée et rapide pour respecter le plus possible les objectifs fixés par le médecin. Les auto mesures glycémiques sont très importantes et restent un acte indispensable pour préserver une bonne qualité de vie aujourd'hui et demain.
Autosurveillance de la glycémie pour les diabétiques insulino-dépendants de type 1
Les sensations de mal-être ressenties par le patient diabétique ne sont perçues que lorsque les valeurs de glycémie sont très hautes ou très basses. Seule la mesure de la glycémie permet de savoir très clairement quel est l'équilibre glycémique du patient à l'instant où l'on prélève la goutte de sang.
Les auto mesures de glycémie permettent de vérifier que tout va bien et que le traitement est adéquat, ou en cas d'anomalie de " rectifier le tir " pour adapter son traitement (insuline, alimentation ou les deux). En quelque sorte, les mesures de glycémie permettent immédiatement d'administrer la dose d'insuline nécessaire en fonction des besoins, un peu comme le ferait la glande pancréatique si elle fonctionnait bien. En l'absence de diabète,
grâce au pancréas, la production d'insuline est régulée comme en " pilotage automatique ". Le patient diabétique apprend, lui, à calculer sa dose d'insuline injectée en fonction
des résultats de la glycémie. En mesurant la glycémie plusieurs fois par jour pour déterminer
la " tendance " glycémique à chaque période de la journée, le patient peut adapter ses doses d'insuline nécessaires pour obtenir un bon résultat sur l'ensemble de la journée.
Quel objectif pour quel horaire ?
Les objectifs glycémiques sont fixés en consultation entre le patient et le médecin traitant ou le médecin endocrinologue. On fixe la glycémie à jeun, c'est-à-dire au réveil le matin, ou
avant le repas de midi et le repas du soir, entre 0,90 et 1,50 g/l. Pour les glycémies mesurées deux heures après le début du repas, appelées glycémie post-prandiale, les valeurs souhaitées
sont entre 1,10 et 1,60 g/l. Ces valeurs ne sont pas celles d'un individu non diabétique mais elles sont le résultat d'un bon compromis entre le risque d'hypoglycémie trop fréquent,
menace sérieuse si l'on cherche à maintenir une glycémie trop basse, et le risque de complications diabétiques tardives si on laisse persister des glycémies longtemps au-delà des
valeurs acceptables. Aujourd'hui, l'objectif global du traitement est fixé sous forme de taux d'hémoglobine glyquée (HdA1C) dont la valeur doit être inférieure ou égale à 7,5 %.
Le patient diabétique apprend ainsi à adapter son traitement, c'est-à-dire à calculer les doses d'insuline nécessaires en fonction de sa glycémie au moment de l'injection. Il réalisera,
si nécessaire, une dose de correction (insuline rapide ou ultra-rapide).
Il doit apprendre surtout à comprendre les résultats obtenus les jours précédents avec une alimentation et une dépense physiques similaires. Cette analyse permet ainsi de modifier,
d'adapter et de fixer les doses dites " basales " qui servent au calcul de l'insuline nécessaire. La bonne connaissance de son taux de glycémie permet aussi au patient d'adapter ses prises
alimentaires. Ainsi le patient utilisera des sucres rapides si sa glycémie a baissé trop rapidement ou de façon trop importante. Il adaptera et éventuellement modifiera ses prochains
repas en prenant les glucides lents ou rapides pour une glycémie post-prandiale correspondant à l'objectif souhaité.
La consultation, le temps du bilan
C'est lors de la rencontre avec le médecin que le patient apprend à comprendre et à analyser ses relevés de glycémie pour adapter son alimentation et ses dosages d'insuline. Les glycémies sont relevées dans un carnet, un cahier, un tableau ou des graphiques sur les quinze derniers jours précédant la consultation, voire plusieurs semaines. En plus des contrôles habituels, il est très utile de mesurer sa glycémie :
- avant de prendre le volant pour se resucrer et éviter ainsi tout risque d'hypoglycémie en conduisant,
- avant les efforts physiques pour éviter l'hypoglycémie en pleine activité,
- après les efforts physiques, en particulier au coucher pour éviter les chutes glycémiques liées à la consommation de sucre pendant l'effort physique et les heures qui suivent,
- dans tous les contextes de changement d'activité habituelle comme un changement de poste professionnel, la pratique d'un nouveau loisir, une variation dans le rythme de vie mais aussi des événements intercurrents comme les maladies infectieuses ou un autre problème de santé. Toute hypoglycémie diagnostiquée permet un resucrage initial et une adaptation des apports en sucres lents sur la journée pour éviter une récidive.
Autosurveillance de la glycémie pour les diabétiques non insulino-dépendants de type 2
La surveillance de la glycémie pour un diabétique traité par insuline est une nécessité absolue. Pour les diabétiques non insulino-dépendants, traités par régime ou par des comprimés,
la mesure de glycémie est moins vitale à court terme mais elle est très utile pour apprendre au patient à mieux se connaître, et surtout à prévenir les complications diabétiques à distance qui sont silencieuses, sournoises et implacables. La surveillance de glycémie permet au patient de se renseigner sur la qualité de son équilibre entre deux prises de sang qui peuvent être espacées de plusieurs mois. Elle lui apprend à mieux comprendre l'importance de l'alimentation, de l'exercice physique et l'influence des médicaments sur son équilibre glycémique. Les mesures glycémiques dans ce contexte ne sont pas nécessairement réalisées aux mêmes heures. Elles doivent être plus variées. Leur fréquence sera discutée avec le médecin et l'ensemble des résultats colligé sur le carnet diabétique permettra ensuite de mieux gérer et mieux comprendre sa pathologie et son traitement.
Une maladie silencieuse
Le diabète de type 2, non insulino-dépendant, n'est pas ressenti par le sujet qui en est atteint. Cette maladie entraîne pourtant des complications graves même si elles sont tardives.
L'autosurveillance régulière, sans attendre le résultat des glycémies et les dosages de l'hémoglobine glyquée faits tous les trois mois, permet au patient d'ajuster son traitement au quotidien. La possibilité pour le patient d'effectuer des contrôles glycémiques simples grâce aux nouveaux auto-piqueurs lui permet de mesurer sa glycémie en toute indépendance. Les
mesures d'auto glycémie peuvent être effectuées la nuit, les week-ends, les jours fériés à des heures où toute prise de, sang par un laboratoire est impossible. Enfin, les prises de sang traditionnelles sont plus pénibles et désagréables que le contrôle de glycémie fait à domicile avec un lecteur adapté.